Tout ce qui se réaligne en ce moment me ramène à une seule chose, apprendre à communiquer. C’est assez drôle quand on y pense, moi qui arrive à mettre des mots sur ce que les autres ressentent, mais pas sur les miens.
Je pensais avoir passé l’étape de la vulnérabilité assumée, de la visibilité, alors que je suis restée dans le politiquement correct.
Oui, je n’ai pas à tout partager sur les réseaux sociaux.
Oui, je m’autorise à avoir un jardin secret.
Oui, je prends le temps qu’il me faut pour répondre.
Oui, je dis à mon entourage que je l’aime.
Oui, j’apprends à dire quand je me sens mal.
Et c’est franchement une belle progression, après avoir refoulé énormément d’émotions toutes ces années, à les laisser me grignoter de l’intérieur.
L’espace que je me suis laissé ces dernières semaines m’a amené de belles choses, j’ai vraiment l’impression d’être en phase avec moi-même un peu plus chaque jour. Je rencontre des personnes incroyables, je fais avancer mes projets de façon fluide, et le plaisir que tout ça m’apporte apaise l’anxiété de ne pas avoir les réponses à tout.
Mais puisque j’ai assez d’espace mental et de sérénité dans le corps, mon cœur s’est dit : « Et si on allait explorer une nouvelle zone grise ? »
Mon cerveau a répondu : « ah non, tout va bien par ici, je m’occupe de tout ».
J’ai recommencé à mentaliser. Mon corps s’est tendu à nouveau. Et je ne voulais pas attendre de devoir retourner chez le chiropracteur en urgence.
Il a suffi d’une conversation, d’un tirage de carte qu’on m’a interprété de la façon suivante : « Il y a quelque chose que tu refuses de voir en toi ».
Sans blague.
Alors j’ai pris rendez-vous chez ma kinésiologue, et mon corps a parlé.
Tu as peur d’exprimer tes besoins à tes proches parce que tu cherches encore à porter encore la charge émotionnelle de la personne en face de toi. Ton empathie et ton ressenti vis-à-vis des autres te protègent de la souffrance : puisque tu sais comment ils fonctionnent, ils ne peuvent pas t’atteindre. Tu partages tes besoins uniquement si tu sais qu’ils pourront être reçus en face. Si tu n’arrives pas à lire quelqu’un, tu es plus vulnérable, parce que tu ne sais pas ce qui sera reçu ou non. Le challenge est de communiquer ce que tu ressens vraiment, ce dont tu as besoin, en lâchant prise sur la suite des évènements. La façon dont les autres accueilleront tes mots leur appartient.
Et je résonne tellement avec ça. Ça me semble tellement logique. Pourtant j’avais besoin de l’entendre. C’est vrai, comment résoudre des équations dont on n’a que la moitié de la réponse ? Une partie nous appartient, l’autre appartient à la personne en face.
J’ai longtemps cru qu’exprimer mes besoins revenait à faire porter la charge à l’autre. Peut-être que j’ai appris que la communication était une porte ouverte au conflit. Que pour qu’une relation soit saine, il fallait prendre des pincettes, adapter ses mots, faire attention à ne pas froisser, à ne pas blesser et à ne pas accuser… pour oublier et déformer complètement ce qu’on voulait exprimer à la base. Parfois même, ne rien dire, mais chercher à faire comprendre.
Est-ce que ça m’a empêché de devoir faire le deuil de certaines relations ? Non.
Est-ce que ça m’a empêché de ruminer après une conversation ? Non.
Est-ce que ça m’a empêché de me prendre des vestes même quand je m’étais contentée de prendre de la distance sans parler ? Non.
Ce qui me vient, c’est le troisième accord Toltèque : « Quoi qu’il en soit, ne jamais en faire une affaire personnelle ». Peut être que l’intelligence émotionnelle commence par là.
Les mots sont un cadeau merveilleux.
Alors j’ai envie d’apprendre à verbaliser mes ressentis et mes besoins, sans porter la charge émotionnelle de la personne en face.
J’ai envie de faire confiance à la vie pour aligner mes relations, et de me faire confiance pour traverser les émotions que ça éveillera chez moi.
Qui sait, peut-être que j’aurais de bonnes surprises.
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