C’est drôle parce qu’on pense qu’avoir une estime solide permet de faire absolument tout ce qu’on veut sans trembler.
Spoiler : non. Le syndrome de l’imposteur vient taper à la porte à chaque nouvelle idée, à chaque nouveau projet. Plus ou moins fort, s’entend.
Le fait est qu’on a beau se sentir solide, on peut trembler et s’empêcher d’avancer en se racontant des histoires – la métaphore qui tombe à pic.
J’ai décidé d’écrire.
D’abord en vidant mes tripes sur une expérience tout à fait personnelle, et qui a plus vocation à être thérapeutique qu’à être publiée. Mais je n’ai pas besoin d’avoir la réponse tout de suite.
Puis, j’ai démarré une autre forme de récit : plus léger, bien qu’autobiographique aussi.
Et le nœud est là : c’est mon histoire, j’ai le droit de l’écrire.
Qui pourra juger ? Elle m’appartient.
Pourtant, bien autre chose m’appelle, quelque chose de refoulé depuis des années.
Je pense que 80% de mon entourage n’est même pas au courant, mais au-delà de m’intéresser à la psychologie humaine et d’aimer lire et regarder des thrillers, j’ai toujours rêvé d’en écrire.
Quand j’étais pré-adolescente, je transformais mes cauchemars en nouvelles horrifiques – les textes ont malheureusement disparu en même temps que le vieux PC de mes parents a dû être bazardé je ne sais où.
Toujours est-il que ça me brûle les doigts aujourd’hui. Mais qui suis-je pour me lancer dans un tel projet ? A aucun moment je n’arriverai à tenir en haleine mon lecteur pendant 500 pages.
Les entrepreneuses résonneront avec le fameux « Cesse de regarder le haut de l’escalier, et commence par monter la première marche ».
Après tout, je ne suis pas obligée d’en parler. Je peux recommencer avec des nouvelles. Juste pour voir ce que ça me fait, ce qui ressort.
Et c’est sorti. C’est vraiment bien sorti.
Mais d’une certaine façon, quelque chose essayait toujours de faire « comme il faut ». Oui parce que si le lecteur ne comprend pas, ça me fait une belle jambe !
Et là, j’ai commencé à lire quelque chose.
Un thriller écrit exactement de la manière dont ça se passe dans ma tête.
Un thriller qui m’a fait écrire à une amie pour lui dire « En fait, je prends vraiment mon lecteur pour un con ».
Un thriller qui m’a allumé un feu dans le cœur, et qui m’a fait ressentir « Ah oui, j’ai le droit d’écrire comme ça ».
Et c’est grâce à cette permission là que je vais me faire confiance, autant que je ferai confiance à mon lecteur.
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