J’apprends à danser avec la tempête hormonale

Je me surprends souvent à rêver pendant mes siestes, mon esprit divague et c’est souvent beaucoup plus agréable que mes rêves la nuit.

Parfois – souvent – je me réveille avec des sensations, des ressentis précis, cette fois c’est un message. Je me souviens de ça : Fais-toi confiance. Comme si mes guides voulaient me faire comprendre quelque chose.

Depuis ce matin je suis épuisée, après une belle insomnie (ce n’était pas une bonne idée de boire un café à 16h30 – pas de café pour moi après 15h, je le sais pourtant, je le sais), endolorie, dans le brouillard mental. Mon cerveau veut se rattacher à la moindre pensée et tenter d’en faire quelque chose, en vain. C’est comme la coquille d’œuf qu’on essaye de récupérer avec le doigt après l’avoir cassé dans un bol.

La seule chose dont je suis capable aujourd’hui, c’est lire et manger. Les règles arrivent.

J’ai bien profité de l’enchanteresse en cette phase lutéale – Oui, je suis consciente que beaucoup d’entre vous ne saisiront pas la référence. Mais je n’ai pas envie d’expliquer. Pas maintenant.

J’ai dépassé les 5000 mots sur mon roman, ma créativité est exacerbée. Mon charisme, aussi. Je me sens divinement bien dans ma peau.

Je sens que les règles arrivent et je sais ce que ça implique : le besoin de repos, la coupure avec l’extérieur. Et je crois que c’est très bien, en fait.

On revient à l’essentiel : le corps.
On l’écoute, on le bichonne, on le soigne, on le laisse être.

Je pensais que les variations hormonales étaient une tare. Qu’une contraception qui me stabilise m’aiderai à me sentir mieux. Au-delà des douleurs, moins de stress, moins de rumination, moins de crispation.

J’avais tort.

Au fait, ça fait un peu plus de deux ans que je ne prends plus aucune contraception, après quinze ans à faire se succéder diverses pilules, deux implants et un stérilet.

J’ai finalement enlevé ce bâillon à mon corps, qui a pu reprendre la communication avec moi tranquillement, après quelques recadrages de sa part.

J’ai appris à comprendre mes cycles – savoir qu’un moment on ovule et qu’un autre moment on a ses règles, on saigne, ça fait mal, ce n’est pas comprendre ses cycles – d’abord théoriquement, puis dans la pratique, en y prêtant attention.

J’ai analysé, observé, et ça m’a vraiment aidé à me connaître. Au final, je me suis construit une nouvelle cage dorée : pendant mes règles, je ne prévois rien. Ensuite, je remplis mes journées. Après l’ovulation, c’est l’enfer, je sais d’avance que ça va être terrible. Alors j’appréhende. ça représente une dizaine de jours chez moi. Vous imaginez ? Sur un cycle de 23 jours environ ?

J’ai creusé encore plus, parce que ce n’était pas tenable. J’étais entrée dans une nouvelle sorte de combat contre mon corps et mes émotions, au lieu de danser avec ça. Facile à dire.

Pourquoi cette tempête était là ? Comment danser avec le vent, sous cette pluie battante, sans voir au-delà des nuages ?

De quoi j’ai envie, qu’est-ce qui me ferait du bien ?

J’ai tenté des choses, plus ou moins efficaces, pour au bout de plusieurs mois, me rendre compte que c’est quand je canalisais mes émotions vers l’écriture que j’arrivais enfin à danser sous la tempête.

Le plus difficile est d’accepter que le fonctionnement peut être différent en fonction des femmes. De faire taire le bruit mental quand l’âme appelle à autre chose. Ecrire à une heure du matin, dormir à quatorze heures, ne pas se laisser envahir par le doute et ne pas prendre de décision à la hâte.

J’ai encore du chemin à faire, mais ça me semble nettement moins effrayant maintenant.

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