Si on lance une rétrospective de cette année, on peut partir du burn-out en tant que collaboratrice comptable salariée – ok, ok, j’avais encore 29 ans mais ça sonne le début de l’histoire, côté professionnel.
L’élaboration d’un business plan de 80 pages concernant l’ouverture d’un bar à tapas – comme vous n’en n’avez jamais vu d’ailleurs – m’a vraiment aidée à remonter la pente, même si le projet a été mis en attente pour des raisons administratives et financières.
Alors, j’ai lancé des sessions de coaching individuelles (gratuites, au cas où l’URSSAF passe par là) avec 3 bêta-testeuses – cœur sur ces femmes exceptionnelles d’ailleurs. Je me suis rendu compte que même si j’adorais accompagner, le cadre que je créais m’enfermait dans une nouvelle cage dorée.
Là, je me suis autorisée à prendre du recul, une première fois, pour savoir ce qui m’appelait réellement. Mais je mangeais des conférences et séminaires en ligne à la pelle.
Un matin, j’ai eu l’idée d’un business model de mentorat à long terme qui collait avec le mode de vie que je voulais – je me suis faite mentorée moi aussi, j’ai bossé dessus pendant des mois.
L’écosystème lié au Feu de la Corneille se dessinait de jour en jour : toutes ces idées qui fusaient dans ma tête devenaient concrètes.
Et puis il y a eu ce blocage de dos qui m’a forcé à ralentir. J’ai stoppé Instagram et j’ai passé des jours à lire Kilomètre Zéro de Maud Ankaoua (je vous le conseille si vous n’aviez pas prévu de changer de vie).
J’ai (re)commencé à écrire en parallèle.
Dans ce calme, cette deuxième prise de recul, j’ai pris les choses une à une. Et la seule chose qui me crispait, c’était le mentorat. Le long terme, plutôt.
J’ai envie d’expérimenter, de créer, de jouer, pas de m’enfermer à nouveau.
Soyons honnête deux minutes, quand on se lance dans l’entrepreneuriat, on pense que c’est l’argent, le succès, la reconnaissance qu’on recherche.
On pense bâtir un business et tout contrôler.
Mais c’est le business qui nous construit : et là on se rend compte que tout ce qu’on a toujours cherché, c’est la liberté.
La liberté d’être soi-même sans se soucier du regard des autres.
Cette année, j’ai perdu des relations, j’en ai gagné des nouvelles.
J’ai voyagé seule pour la première fois de ma vie.
J’ai été diagnostiquée du TDAH.
J’ai commencé la danse.
J’ai perdu mon père, puis ma dernière grand-mère.
Je me suis pris le premier râteau de ma vie.
J’ai dépensé beaucoup d’argent.
J’ai expérimenté différentes choses qui n’ont pas abouti, ou pris une tournure différente.
Aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vie est un film.
J’écris ces lignes sur une table en manguier. Je bois un délicieux café d’une mini brûlerie, dans une tasse vintage à dorures, dénichée chez Espoir.
Il fait gris dehors et j’ai des bougies allumées partout, dans des photophores dépareillés.
J’ai des étoiles dans les yeux.
Tous les jours, je me lève en me demandant sur quoi je vais porter mon attention.
J’ai créé un site internet.
Je publie mon journal intime.
Je lance un podcast.
J’organise des retraites.
Je suis bénévole dans une association.
J’écris un roman.
Je danse.
Je lis.
Je profite de la nature.
J’organise mes journées comme je l’entends.
Même si rien de tout ça ne me rémunère encore.
Est-ce que ça a de la valeur socialement ? Non.
Est-ce que ça a de la valeur pour moi ? Oui.
J’ai réfléchi à reprendre un travail salarié. Repartir dans la sécurité. Mais ça me terrorise. Mon corps rejette complètement cette possibilité, j’en ai de la nausée. Pourtant, il y a une réalité financière bien présente.
J’ai eu une opportunité dans une autre branche, en tant qu’entrepreneuse, et j’hésitais à me lancer. Un nouveau challenge, un nouveau projet.
La première chose qui m’a traversée c’est : les gens vont penser que je me disperse, encore.
Puis : c’est encore la recherche de dopamine, tu n’arrives pas à mener quoi que ce soit à bout.
Et c’est un gros problème.
Parce que comme je l’ai écrit plus haut : ce que je cherche, c’est la liberté. Qu’est-ce que ça peut faire, que les gens pensent que je me disperse ? Qu’est-ce que ça peut faire, si j’expérimente sans me forcer à mener tout à bout quand je me rends compte que ça n’est pas fait pour moi ?
Une chose que mon psy m’a dit et qui m’a bien ramenée sur terre :
Ça frictionne parce que vous avez un pied dans le monde bien cadré par le système, et un autre en dehors. Vous voulez vivre hors des cases, mais vous voulez conserver la sécurité apportée par le système, et ça, c’est impossible.
Cette réflexion m’a amenée à autre chose : quand je parle de mon parcours à des personnes que je viens de rencontrer, elles trouvent ça génial, elles montrent leur intérêt, elles encouragent. Quand je parle de mon parcours à certaines autres personnes, que je connais depuis des années… l’enthousiasme est autrement plus modéré.
J’imagine qu’il est difficile de regarder une personne proche avec de nouvelles lunettes, après tant d’années à avoir connu une version d’elle.
Mais… ça ne me convient plus, en fait.
Une amie m’avait conseillé un audio de Jerry Clark, sur Le Comité de Murphy (Youtube). Si vous avez un peu de temps, je vous invite à l’écouter.
Je pense être en plein milieu de la jungle. Et c’est affreux, le poids que tout ça prend mentalement, alors même que j’ai passé un an à travailler sur moi et que je pensais avoir dépassé certaines choses.
Mais aujourd’hui, à 31 ans, j’ai bien l’intention d’aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de la jungle, même en étant terrifiée. Je refuse de croire que je suis seule. Je préfère croire que je suis géniale, et on verra bien ce qu’il se passe.
Si la petite Michèle voyait ça, elle serait très fière.
Et c’est tout ce qui compte 🤎
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